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Collectionner les mollusques



Nous ne parlerons ici que de collections scientifiques. Notre propos n'est pas de présenter des collections de coquilles ou de coquillages sur des critères exclusivement esthétiques, mais de montrer combien la constitution d'une collection de référence scientifique dans un but de comparaison ou dans le cadre d'études biogéographiques est fondamentale.
En effet et à l'instar de bon nombre de groupes d'invertébrés, une détermination sur le terrain est généralement impossible. Elle passe forcément par la comparaison très rigoureuse et souvent pointue de caractères observables le plus souvent à l'aide d'une loupe binoculaire (microsculpture, observation des pores, biométrie). Quelquefois les spécimens sont conservés avec leur animal dans l'alcool 70-75° tamponné avec du carbonate de calcium, pour pratiquer l'examen des parties génitales qui nécessite au préalable une dissection de l'animal et parfois le recours au microscope.
En outre, et même lorsqu'il s'agit de collections de coquilles, la variabilité et l'appréhension même du concept d'espèce chez de nombreux groupes, ne se comprend qu'au travers de l'étude d'une série et de pouvoir comparer ces séries avec des populations plus ou moins proches de celle qu'on aura trouvée. C'est d'ailleurs souvent la première raison qui pousse les collectionneurs à rassembler un échantillon varié de coquilles d'une même espèce pour comprendre l'étendue du polymorphisme et tenter de circonscrire l'espèce.
Il est donc nécessaire de constituer une collection de référence et d'étude pouvant contenir plusieurs spécimens d'une même série et plusieurs populations d'une même espèce qui aidera le malacologiste à séparer ce qui relève de la variabilité et ce qui caractérise les espèces.

La collecte des échantillons sur le terrain est effectuée le plus souvent à vue dans tous les biotopes réputés favorables : les zones calcaires, marécageuses, forestières, montagneuses... mais également les zones cultivées et rudérales où bon nombre d'espèces se sont acclimatées, qui paradoxalement sont parfois plus riches que certaines zones naturelles.
On les recherchera préférentiellement au pied des murs et des falaises, sous les pierres, sous les troncs d'arbre, dans la litière, au pied des plantes, sur les tiges immergées des plantes marécageuses, sous les détritus divers. Par temps de pluie, le brossage des écorces et des rochers permet d'obtenir des espèces plus petites ou plus discrètes. Enfin, partout où l'eau est présente (lacs, rivières, mares, tourbières, suintements, sources...), il est possible de trouver des espèces aquatiques

collecte de mollusques


Le tamisage de la litière, des mousses, des sédiments et des boues (lacs, tourbières, fontaines) est indispensable pour le recueil d'un grand nombre de très petites espèces.
Le tri peut être effectué à la main avec une feuille gris clair ou bleu ciel et avec l'aide d'une loupe à main ou bien d'une loupe de géologie. La couleur du papier ni trop claire, ni trop foncée permet de voir à la fois les espèces à la coquille blanche et à la coquille brune.
On peut également séparer l'échantillon de tamisage en différentes fractions à l'aide d'un tamiseur sur colonne. Chaque fraction est ensuite soigneusement triée sous la loupe binoculaire pour récupérer les plus petites espèces (1 à 3 mm).

tamisage de litière

Tamisage et rangement provisoire des différentes fractions dans divers contenants.

séchage des échantillons

Séchage des échantillons après les avoir triés et nettoyés.


Chaque échantillon collecté sera soigneusement annoté :
  • pays, province ou département ;
  • localité précise ;
  • date ;
  • collecteur ;

  • éventuellement des informations telles que :
  • le biotope ;
  • l'altitude ;
  • l'abondance sur le terrain ;
  • le mode de collecte (tamisage, fauchage, à vue...)
  • l'état (coquilles vides, subfossiles, vivantes).

  • étiquette

    Exemple d'étiquetage correct : étiquette de la collection Général de Lamotte (Mus. Grenoble).

    conditionnement

    Une boîte non classée. Tous les échantillons sont étiquetés et conditionnés dans des boîtes Caubère (Coll. Audibert).


    De nombreux conteneurs peuvent être utilisés pour ranger les mollusques à condition que les matériaux (verre, plastique...) soient parfaitement neutres. Il arrive en effet que des petits mollusques dont la coquille est calcaire soient réduits en poudre du fait de l'acidité du verre. Les matériaux en polyéthylène et polypropylène sont les mieux adaptés. Les coquilles des Bivalves peuvent être paraffinées et collées à la néoprène ou à l'araldite sur tout leur pourtour évitant qu'elles ne se brisent par l'effet de la dessiccation.
    Le rangement se fera à l'abri de la lumière, de la poussière et de l'humidité, si possible dans un meuble adapté avec tiroirs ; à défaut des boîtes vitrées ou cartonnées feront très bien l'affaire.

    collection de clausilies

    Collection rangée et déterminée (Coll. Audibert).


    Cédric Audibert


    Date de création : 16/06/2008 @ 11:57
    Dernière modification : 21/04/2010 @ 22:38
    Catégorie : - Collections
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